Un entretien avec Mme Robert Mallet-Stevens
Mme Mallet-Stevens née Andrée Rose Léon
devant le miroir polyédrique des frères Martel
Article paru dans une revue des années 70
Architecte Robert Mallet-Stevens, 1886-1945, fut l'un des premiers qui, en France, aient opté pour le style « moderne ». Mme Mallet-Stevens a vécu 1925 comme une période de grands conflits esthétiques. Elle continue de défendre les opinions de son mari. On la voit ici, chez elle, devant une glace en relief des frères Martel, collaborateurs et amis.
« Pendant longtemps, dit Mme Mallet-Stevens, on s'est moqué de mes meubles Aujourd'hui on vient de Hollande, d'Angleterre, d'Italie, pour les examiner et les photographier. »
Révolutionnaire en architecture, Robert Mallet-Stevens n'était pas moins novateur en « design ». Dans son ex-atelier, transformé en salon, les fauteuils en acier et cuir, la table basse en fer et bois laqué noir ont été réalisés d'après ses projets en 1927.
Remarquez le jaune clair des tentures, tissées à la main par Hélène Henry, le paravent en laque noir et or de Dunand, le coussin en tapisserie au point brodé d'après un dessin cubiste de Mallet-Stevens.
Dans le petit bureau installé en loggia au-dessus du salon, la table de travail, avec son cartonnier en fer et bois laqué, annonce les créations des « fonctionnalistes » actuels ; de même les fauteuils en tube laqué que Mallet-Stevens dessina pour sa salle d’attente.
Ateliers de la Compagnie Maryland à Paris (1929)
Façade sur la rue des Favorites. Centre Canadien d'Architecture (CCA)
Des totems et une fontaine lumineuse en 1927

Le Casino de Saint Jean de Luz et son jardin créés par Robert Mallet-Stevens ont malheureusement été totalement transformés.
Une fontaine lumineuse ainsi que 9 totems ornaient l'espace dans une géométrie architecturale de conception moderniste.
Le jardin triangulaire qui date de 1927, a été modifié, une première fois, dans les années 50, lors de la création d'un mini-golf. A cette époque les éléments architecturaux avaient toutefois été préservés.
Puis dans les années 80, la décision d'agrandir l'hôtel, bouleversera totalement ce bel équilibre en rajoutant des étages à la construction de Robert Mallet-Stevens et en ajoutant des constructions dans le jardin, détruisant par la même les perspectives.
L'hôtel Hélianthal construit sur l'ancien emplacement du jardin de Robert Mallet-Stevens. Sur la droite de cette photo, la Rotonde du Casino de Saint Jean de Luz.
Ces totems sont à rapprocher d'autres structures en béton comme les arbres cubistes. Ceux-ci n'ont cependant pas été élaborés en collaboration avec les frères Martel.
Une construction au Brésil en 1929
Une réalisation en 1929 à Pernambuco figure parmi les œuvres citées par Léon Moussinac.