Villa Poiret

La Villa Paul Poiret située à Mézy-sur-Seine, 32 route d'Apremont, dans le département des Yvelines (France), est l'œuvre de l'architecte Robert Mallet-Stevens qui ne put cependant l'achever. 


La Villa de Paul Poiret en construction, clichés REP.


Vers 1921, le couturier Paul Poiret commande à Mallet-Stevens une villa. La demeure est vaste, organisée autour d’un patio, surplombée par un belvédère, dans un parc de 5 hectares dominant le village et la vallée de la Seine. Le gros œuvre est achevé à l’été 1923, mais il est laissé en l’état, Paul Poiret ayant fait faillite.


Le pavillon du concierge en construction, cliché REP


Plans, coupes et élévations des 4 façades des communs de l'habitation de Paul Poiret, signés de Robert Mallet-Stevens.

En 1938, Elvire Popesco, devenue propriétaire, relance le projet, qui ne peut aboutir, à cause de la guerre. Lors de la rétrospective Mallet-Stevens en 2005, le Centre Pompidou a présenté ces plans de reprise des travaux.






Comme la Villa Savoye, construite à Poissy par Le Corbusier quelques années plus tard, cette villa appartient au courant de l'architecture moderne de l'entre-deux-guerres. Inhabitée, elle se trouvait en très mauvais état. D'importants travaux de réhabilitation ont été entrepris en 2008.


C'est une composition géométrique aux lignes très épurées. Cette construction blanche, en béton, aux formes cubiques a des proportions généreuses : 800 m2 de surface habitable. Le hall, pièce principale de la villa, offre sept mètres de hauteur sous plafond et deux grandes baies vitrées qui montent jusqu'au plafond. La terrasse supérieure offre un panorama imprenable sur la vallée de la Seine.


Paul Poiret la décrivit ainsi : « Surfaces unies, arêtes vives, courbes nettes, matières polies, angles droits, clarté, ordre. C'est ma maison logique et géométrique. ».


Paul Poiret choisit cet emplacement car il pouvait y voir le plan d'eau olympique de Meulan - Les Mureaux où s'était installé le Cercle de la Voile de Paris en 1893 et qui accueillit les Jeux olympiques de 1900 et 1924. Il rejoint le Cercle Nautique de Chatou en 1929 quand celui-ci s'installe aussi aux Mureaux et devient le Yacht Club de l'Ile-de-France dont il dessinera le pavillon.


Son propriétaire ne l'habita cependant jamais et occupa seulement la maison du gardien en attendant l'achèvement du chantier qu'il ne put poursuivre, sa maison de couture ayant fait faillite en 1926 (dès juin 1923, les travaux avaient cessé faute de moyens, seul le gros œuvre étant achevé). Il la revendit en 1930 à l'actrice Elvire Popesco, qui lui fit subir des transformations par l'architecte Paul Boyer en 1932, dénaturant quelque peu le projet initial. Il y ajouta notamment des fenêtres en forme de hublot et des rambardes en forme de bastingage, ce qui valut à la villa le surnom de « paquebot » (ou également « le château de Mézy »). Elle y vécut jusqu'en 1985. Après cette date, elle fut abandonnée et son état se dégrada fortement, alors même qu'elle venait d'être classée, en 1984, à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.


En 1989, un homme d'affaires Sidney Nata l'achète, puis en 2006 les époux Brun la rachètent aux enchères publiques pour un montant de 1,8 million d'euros, afin de la restaurer dans l'esprit initial de Robert Mallet-Stevens. La villa est ouverte au public épisodiquement, notamment à l'occasion des journées européennes du patrimoine. La réhabilitation du bâtiment, lancée en 2008, a duré neuf mois : modification de la terrasse, ravalement des façades, changement des huisseries, mise aux normes des circuits électriques. Elle est désormais habitée par son propriétaire. La maison du gardien est, quant à elle, murée et reste sans huisseries.

La villa était à nouveau en vente début 2012, puis début 2016 avec une mise à prix d'1,2 million d'euros.

Une nouvelle mise en vente

Le célèbre « Château moderne » de Paul Poiret par Robert Mallet-Stevens, à nouveau mis en vente en janvier 2025, au prix de 4 millions €.



Conçue au début des années 1920 par Robert Mallet-Stevens pour le couturier Paul Poiret, cette propriété, également connue sous le nom de « Château de Mézy », est l'unique résidence d'importance dessinée par Mallet-Stevens à être restée privée. Elle est inscrite au titre des Monuments historiques depuis 1984.

 

Descriptif

 

Au sein d'un parc paysager d'environ 5 hectares qui domine la vallée de la Seine, la propriété comprend la villa principale d'environ 800 m2, entourée de plus de 1000 m2 de terrasses, et une maison de gardien de 93 m2.



A l'entrée de la propriété, la maison de gardien sur deux niveaux accueille une entrée, un espace de vie avec cuisine ouverte et arrière-cuisine, une chambre avec terrasse et une salle de bain également avec terrasse.


Le plan en U de la villa s'organise en trois ailes disposant chacune de son propre accès, qui délimitent une allée centrale bordée d'oliviers. La porte d'entrée principale à double battant en verre et ferronnerie noire s'ouvre sur un grand hall d'entrée menant à un spectaculaire espace de réception sous 7 mètres de hauteur, dont l'angle est percé d'immenses verrières donnant sur la vue dégagée et le paysage au Sud-est. Cet espace s'ouvre sur une vaste terrasse donnant accès au parc. L'aile Sud comprend également deux salles à manger avec terrasse, une cuisine avec office, une buanderie et un cellier.



L'aile Est accueille un bureau, un salon en enfilade avec terrasse, une suite avec salle de bain, deux chambres, un dressing et une salle d'eau. L'aile Ouest comprend les espaces initialement dédiés au personnel avec une cuisine, une salle commune et six chambres.

Le premier étage donne accès au toit-terrasse aménagé sur l'aile Ouest et comprend deux chambres, une salle de bain, puis côté Est une salle de bain, un salon, deux chambres et une terrasse.


Le deuxième étage desservi par l'escalier principal, mène à une terrasse en belvédère protégée par un auvent, qui offre une vue à 360 degrés jusqu'à Paris.

Le sous-sol s'étend sur environ 800 m2 et abrite plusieurs pièces à aménager ainsi qu'un couloir de nage (non terminé) et un accès au parc.


 

De l'avant-garde moderne au style Paquebot

 

Robert Mallet-Stevens dessine un bâti géométrique aux lignes pures et à la modernité assumée, caractéristique de l'expressionnisme cubiste qui fait son succès auprès d'une clientèle fortunée. Les volumes cubiques, étagés autour de l'escalier, s'assemblent en une silhouette toute en angles et décrochés, typique de l'écriture de l'architecte. Les aplats blancs et lisses des façades sont percés de baies variées et animés par les ombres projetées des balcons, des escaliers et de la tour arrondie.


L'actrice Elvire Popesco, propriétaire du site à partir de 1930, charge Mallet-Stevens de l'achèvement du projet, laissé en suspens dès 1923 suite à la faillite de Paul Poiret. Elle demande quelques transformations du projet d'origine, en phase avec le style Paquebot alors très en vogue. C'est finalement l'architecte Paul Boyer qui termine le chantier après la Seconde guerre Mondiale.


 

La Confrontation de Mézy


La Villa Poiret a traversé le siècle et connu de multiples rebondissements, changeant de propriétaires à plusieurs reprises, tous attirés par la puissance esthétique et le potentiel exceptionnel de ce domaine situé à 40 km de Paris.


A la fin des années 1980, la propriété est achetée par un homme d'affaires original, Sidney Nata. Ce dernier met sur pied un projet baptisé « La Confrontation de Mézy » en collaboration avec Claude Parent : il convie dix-sept architectes de renommée internationale pour leur commander un lotissement modèle de villas idéales. Norman Foster, Alvaro Siza, Rem Koolhaas, James Stirling, Arata Isozaki, Renzo Piano, Frank Gehry, Richard Meier, Vittorio Gregotti, Hans Hollein, Mario Botta, Ricardo Bofill, Tadao Ando, Coop Himmelblau, Henri Ciriani, Jean Nouvel et Christian de Portzamparc sont réunis, en 1992, à la Villa Poiret pour le lancement de ce projet extravagant. Si celui-ci n'aboutira finalement pas, il contribue au pouvoir inspirant et au rayonnement de ce site moderne remarquable.