Exposition Internationale arts et techniques Paris 1937


Pour l’Exposition internationale des arts et des techniques de 1937, on confie à Robert Mallet-Stevens la construction de cinq pavillons. Outre le Palais de l'Électricité et de la Lumière, il y a ceux de la Solidarité nationale, de l’Hygiène, de la Régie des tabacs et des Cafés du Brésil.



De l’avis des architectes modernes, la préparation de l’Exposition internationale des arts et des techniques dans la vie moderne de 1937 avait été mal engagée, ce qu’avait exprimé Robert Mallet-Stevens en démissionnant du comité préparatoire. 

C’est l’arrivée au pouvoir du Front populaire qui relance la participation de l’avant-garde à cette manifestation, alors que le contexte politique international est préoccupant et que le retour à l’ordre stylistique triomphe. 

Mallet-Stevens, qui intervient pour soutenir à nouveau les tenants de l'architecture moderne au sein du comité d'organisation, se voit alors confier cinq pavillons. Outre deux pavillons significatifs de la politique du gouvernement : celui de la Solidarité Nationale et celui de l’Hygiène, dont il organise l’accès par deux rampes majestueuses, le long de la Seine, trois autres bâtiments lui sont commandés par des établissements industriels et commerciaux : le Palais de l’Électricité et de la Lumière, particulièrement spectaculaire la nuit, le Pavillon de la Régie des tabacs et celui des Cafés du Brésil. 

Il conçoit également, avec les frères Martel, le Signal des Ciments français, qui prolonge leur expérience des arbres en ciment armé de l’Exposition de 1925.



Projet d'éclairage axial de la Seine pour l'exposition des Arts et Techniques de 1937. Collection Jean-Louis Cohen.


Projet d'éclairage de la Seine avec André Salomon, présenté au salon de l'éclairage en 1934, pour l'exposition des arts et techniques de 1937. Bibliothèque Kadinsky. Don de Denise Salomon.


Le Palais de l'Electricité et de la Lumière




© Flaugergues
Architecte(s) : Mallet-Stevens

Le palais de l'électricité s'élevait au fond du Champ de Mars. Il avait comme particularité de servir de porte à l'Exposition (Porte n°23, face à l'école Militaire).



Pavillon de l'électricité et de la lumière
Exposition des arts et techniques, 1937

Il était dominé par une tour portant le nouveau phare d'Ouessant qui était le phare le plus puissant du monde (2 milliards de bougies). Longue construction concave aux murs nus sans aucune baie, il comprenait un vaste hall de 60 m de longueur. Sur le panneau une immense fresque de Raoul Dufy, la plus grande peinture du monde, évoquait symboliquement toute l'histoire de l'électricité. Pour l'exécuter, l'artiste avait usé d'une matière nouvelle, très lumineuse, à laquelle un éclairage indirect donnait son entière valeur.



Pavillon de l'électricité et de la lumière
Exposition des arts et techniques, 1937 
Cliché Studio Chevolon

Afin d’avoir une idée de l'échelle des machines électriques en usage dans les usines des stations, le hall recelait quatre énormes pièces de machines. Le hall donnait sur une galerie, véritable exposition du rôle social de la lumière. On y voyait par quels moyens elle était produite et transportée, et des appareils d'éclairage divers, des tubes, des lampes à incandescence et notamment le laboratoire de la luminescence organisé par M. Georges Claude.

Enfin on aboutissait dans une salle de démonstration réservée aux applications de l'électricité à l'éclairage des villes, des routes, des ateliers et des bureaux, et où étaient donnés régulièrement des spectacles lumineux qui montraient la gamme infinie des jeux de lumière.

Comme le Palais de l'Electricité, éclairé par la lumière artificielle, n'avait aucune fenêtre, le mur du pavillon donnant sur le Champ de Mars, vaste plan de 60m de long, constituait le plus grand écran du monde pour la présentation de films et de projections de " chromotypes " qui en faisait un véritable Salon de peinture lumineuse.

La cabine était située en sous-sol à une quarantaine de mètres et apparaissait comme un blockhaus. C'était là aussi qu'était placée la machine nécessaire à une autre attraction : une grande étincelle de sept mètres, la plus grande effluve du monde qui jaillissait de deux pôles dans un bassin du jardin, en face du Palais de l'Electricité.

Un luxueux guide fournissait aux visiteurs tous les détails indispensables à la compréhension de l'importante exposition du Palais de l'Electricité, réalisé sous la direction de la Compagnie Parisienne d'Electricité avec le concours de la Ville de Paris et des groupements professionnels des industries de production et de distribution d'énergie électrique.

© Société pour le Développement du Tourisme




Le Pavillon de l'Hygiène


Le pavillon de l'Hygiène était bâti à moitié sur pilotis. C'était une construction à un étage au milieu de laquelle les eaux de la Seine formaient comme un lac bordé de verrière continue par laquelle on apercevait la Seine. L'aération était faite sous le mode conditionné. D'un côté une salle de repos donnant sur la rivière, de l'autre une salle de conférences et de projections éducatives. A l'intérieur étaient disposés des stands contenant des maquettes représentant les différentes techniques ou dispositions de l'hygiène moderne en vue d'améliorer la situation des individus depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse.
© Société pour le Développement du Tourisme 1937 Architecte(s) : Mallet-Stevens et Coulon.



Le Pavillon de la Solidarité Nationale


Pavillon de la solidarité nationale - Exposition des arts et techniques, 1937 Cliché d'André Papillon

Le pavillon de la Solidarité Nationale résumait d'une façon vivante et symbolique l'effort effectué par notre pays dans le vaste domaine de l'Assistance, de l'Assurance et de la Mutualité.

Des photographies, des maquettes, des graphiques, des œuvres d'art de toutes sortes permettaient de présenter un panorama réellement attrayant de cette matière en elle-même un peu abstraite et généralement mal connue.

Cela démontrait le concours puissant était apporté au bien-être de l'homme par la protection de sa santé, de son travail, de sa famille en même temps que par l'organisation de ses loisirs. 
© Baranger Architecte : Mallet-Stevens




Façade du pavillon de la solidarité à l'exposition internationale des arts et techniques appliqués à la vie moderne, Paris 1937. Croquis des frères Martel à la mine de plomb, crayons de couleur et encre de Chine (1936 - 1937). Don de M et Mme Videlier-Martel en 2005 au Centre Pompidou, Mnam-CCI.

Le Pavillon de la SEITA


Ce pavillon est entièrement revêtu d'un bel acajou vermeil comme une boite à cigare de luxe. Outre ses comptoirs, où sont mis en vente les plus récents, les plus parfaits produits de la Régie Française, le pavillon expose les diverse phases de la préparation du tabac, depuis la culture jusqu'à la mise en boite ou en paquets des cigares et cigarettes.

Une charmante rétrospective rappelle à travers les siècles, le goût et l'emploi du "pétun", tabatières, râpes et pots à tabac, pipes, briquets, gravures diverses. Les non-fumeurs eux-mêmes prendront plaisir à ce court voyage dans le passé.

© Guide officiel de l'exposition Internationale de Paris 1937.




Pavillon de la Régie des tabacs - Exposition des arts et techniques, 1937 Photo Stella Presse

Le Pavillon des Cafés du Brésil


Cafés du Brésil, Tours de l'alimentation - Exposition des Arts et Techniques, 1937. Cliché André Papillon


Le Signal des Ciments Français


Exposition de 1937, Société des Ciment français
Plaquette in-8. 12 pp., br. sous couverture ill. Plaquette promotionnelle pour cette entreprise spécialisée dans les constructions modernistes, dont la célèbre "Signal" de Mallet-Stevens conçu spécialement pour l'exposition.


Les vitraux