Villa Noailles


C'est en 1923 que le vicomte Charles de Noailles commande à Robert Mallet-Stevens la Villa Noailles à Hyères, dont le premier noyau est achevé en 1925 et dont les extensions vont se succéder jusqu’en 1933.



Pour la piscine de celle-ci il crée en 1923-1925 le « Fauteuil Transat », en tube de tôle laquée et toile, qui constitue l'un des tout premiers meubles modernes à structure métallique. 



Au Salon des artistes décorateurs de 1924, il remarque certains créateurs, invités par Pierre Chareau à exposer ensemble, qui se distinguent en prônant l’assujettissement de la structure à la fonction et l'usage de meubles à fonctions combinées ou dialoguant, voire s'intégrant aux volumes intérieurs, comme Francis Jourdain et Eileen Gray, mais aussi Pierre Legrain, et appelle ceux-ci pour décorer la Villa Noailles. 

En 1925, Djo-Bourgeois aménage la salle à manger, puis en 1926 quatre chambres au mobilier intégré et dans les salles voûtées un bar coloré ; tandis que Pierre Legrain est chargé d'une chambre.




En contact avec le mouvement De Stijl, Mallet-Stevens demande à Sybold van Ravesteyn de réaliser des meubles en bois et métal peints de couleurs primaires, dont un lit à table de nuit intégrée et une table avec tiroir et, entre 1925 et 1926, la polychromie de la chambre d'amis du 2e étage. 

De même, Eileen Gray présente un tapis et une desserte pour la chambre de Madame, dotée également d'une chaise de Francis Jourdain, d'un lit de Djo-Bourgeois et d'un fauteuil de Dominique, Charlotte Perriand une table de jeu pliante et Sonia Delaunay des « tissus simultanés ». 

Enfin Pierre Chareau, qui lors de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris s'était distingué par la réalisation du bureau-bibliothèque du Pavillon d’une ambassade française, constitué d'éléments intégrés aux parois et en partie mobiles, conçoit en 1925 et crée en 1928 un lit suspendu à des barres métalliques, pour la chambre en plein air réalisée sur la terrasse, isolée par des parois de ferronneries escamotables dessinées par Jean Prouvé et agrémentée de chaises Wassily en tubes d'acier de Marcel Breuer, mais aussi l'ameublement de la chambre de Monsieur et des sièges pour le petit salon. 

En 1927, Chareau réalisera également pour Mallet-Stevens l'un des exemplaires de ses bureaux en fer forgé avec plateau et tiroir pivotants. 

En 1929, Man Ray y tourne son chef-d'œuvre " Les Mystères du Château du Dé "





Les clichés de la collection Jean-Louis Cohen