Décorateur de cinéma

Robert Mallet-Stevens a réalisé une bonne vingtaine de décors de cinéma. 
Parmi ceux-ci : Le Secret de Rosette Lambert de Raymond Bernard (1920), Les trois mousquetaires de Henri Diamant-Berger (1920), Jettatura de Pierre-Gilles Veber (1921), La Singulière Aventure de Neil Hogan, ou le Jockey Disparu de Jacques Riven (1921), Le Mauvais Garçon d'Henri Diamant Berger (1921), La Maison vide de Raymond Bernard (1921), Triplepatte de Raymond Bernard (1922), Vingt ans après d'Henri Diamant Berger (1922), Le Costaud des Epinettes de Raymond Bernard (1922), Sœur Béatrice de Jacques Riven - Projet abandonné (1923), L'Inhumaine de Marcel L'Herbier (1924), Le miracle des loups de Raymond Bernard (1924), La Ronde de nuit de Marcel Silver (1925), Le Vertige de Marcel L'Herbier (1926), Le Joueur d'échecs de Raymond Bernard (1926), La Sirène des tropiques de Mario Nalpas et Henri Etiévant (1927), Princesse Masha de René Leprince (1927), Le Tournoi dans la cité de Jean Renoir (1928).




Début d'un écrit de Robert Mallet-Stevens sur le décor au cinéma.

Le Secret de Rosette Lambert (1920)
Film de Raymond Bernard
Décors de Robert Mallet-Stevens

La salle à manger - Photographie de plateau


Pour les premiers décors de films réalisés par Robert Mallet-Stevens, on note déjà quelques idées fortes. Comme ce carrelage noir et blanc qui sera celui que l'on retrouvera dans d'autres films et dans plusieurs pièces de la Villa Cavrois, ou cette vue à travers un vitrage. L'éclairage, dont l'équilibre est essentiel lors des prises de vues cinématographiques est déjà un sujet de réflexion (sans mauvais jeu de mot), avec l'ajout de nombreuses sources de diffusion indirectes.




Jettatura (1921)
Film de Pierre-Gilles Veber
Décors de Robert Mallet-Stevens



Le Jockey disparu (1921)
ou la Singulière Aventure de Neil Hogan
Film de Jacques Riven
Décors de Robert Mallet-Stevens


Ici aussi, dans le film Le Jockey disparu on retrouve ce sol à damiers de carreaux noirs et blancs. De même pour le film suivant : Le Mauvais Garçon.


Ci-dessus : La plaquette anglaise de 12 pages contenant un synopsis de 4 pages du film muet : Le Jockey disparu (Winning a bride) produit en  1921 par Film House mill hill leeds, du réalisateur Jacques Riven. Avec Louise Colliney du théâtre national de l'Odéon, Angely de la compagnie Sarah Bernhardt, Constant Remy et Georges Lannes. Robert Mallet Stevens a participé à ce film en tant que décorateur.


Le Mauvais Garçon (1921)
Film d'Henri Diamant-Berger
Décors de Robert Mallet-Stevens





Le Costaud des Epinettes (1922)
Film de Raymond Bernard
Décors de Robert Mallet-Stevens


Sœur Béatrice (1922)
Film de Jacques Riven
Décors de Robert Mallet-Stevens


Croquis de décor de Robert Mallet-Stevens paru dans Commedia le lundi 8 janvier 1923 pour le film Sœur Béatrice de Jacques Riven. Projet abandonné.


L'Inhumaine (1923)
Film de Marcel l'Herbier
Décors de Robert Mallet-Stevens,  Fernand Léger, Claude Autant-Lara et Alberto Cavalcanti

Le film L’Inhumaine, entrepris par Marcel L’Herbier en 1923 sur une proposition de la cantatrice Georgette Leblanc, est en quelque sorte la bande annonce de l’exposition des arts décoratifs qui se tiendra à Paris en 1925. Il vise en effet à mettre en valeur les nouvelles tendances artistiques françaises. C’est aussi une mise en pratique, rétrospectivement, des théories de Canudo sur le cinéma comme synthèse des arts. Plusieurs artistes connus (Robert Mallet-Stevens, Darius Milhaud, Claude Autant-Lara, Alberto Cavalcanti, Paul Poiret, Fernand Léger) y participent comme affichistes, créateurs de décors, costumes ou mobiliers. 


Ce film légendaire de Marcel L'Herbier est une ode à l'Art Déco. Les décors sont certainement les acteurs principaux de ce film hyper-stylisé. Robert Mallet-Stevens et Fernand Léger ont œuvré pour créer ces structures décoratives modernes et ouvragées.


Le décor de cette scène du film l'Inhumaine de Marcel L'Herbier, en 1923, est du à Robert Mallet-Stevens. Photographie de plateau montrant Jacques Catelain et un serviteur devant la villa de la cantatrice.
Les décors de tournage réalisés par Robert Mallet-Stevens représentent :

- Une villa moderne sur les hauteurs de Paris
- Le laboratoire futuriste du jeune savant.
Une longue séquence est tournée au Théâtre des Champs-Elysées, avenue Montaigne (8e), dans la salle et les loges. Certains intérieurs sont des décors.





Dans le film L'Inhumaine de Marcel L'Herbier, Mallet-Stevens a conçu une partie des décors. Ici le laboratoire de l'ingénieur.



Le décor de cette scène et des suivantes sont du à Fernand Léger


C’est ainsi que le peintre Fernand Léger conçoit et fabrique l’intérieur du laboratoire du jeune savant Einer Norsen joué par Jaque Catelain. Parallèlement, il dessine une des affiches du film, dont nous voyons ici la maquette, qui traduit, à sa façon, les visions fragmentaires et rythmées des images tournées par L’Herbier. 


Ce dessin en noir et blanc, de 1923, est une esquisse de Fernand Léger pour l’une des affiches du film L’Inhumaine. Le titre apparaît en surimpression, en forme d’escalier, sur une composition aux formes très géométriques. Pour rendre compte de l’intensité de la vie moderne et de sa mécanisation, un des thèmes principaux du film, Léger, comme dans la plupart des tableaux qu’il réalise à cette époque, intègre des éléments du monde urbain et industriel. On trouve en effet dans ce projet d’affiche des objets, des signes, des formes plastiques, des motifs géométriques choisis, assemblés et ordonnés pour constituer une esthétique proche de l’abstraction. Un ensemble composé de lignes droites, obliques, courbes, qui traduit visuellement la mécanisation, le modernisme technologique et les machines dont l’ingénieur inventeur Norsen se sert pour ses expériences scientifiques.



Le peintre Fernand Léger, lié à la mouvance cubiste, noue, après la guerre de 1914-1918, des liens étroits avec le cinéma. Fasciné par Charlot, attiré par les thèses de Ricciotto Canudo, qui considère le film comme une peinture en mouvement, et qui cherche à démontrer la capacité du cinéma à faire la synthèse de tous les arts, Léger est persuadé que le 7e art (terme inventé par Canudo) peut devenir un art social moderne. Il va donc s’y intéresser à différents niveaux. D’abord en composant les affiches des films La Roue (1922) d’Abel Gance, et de L’Inhumaine (1924) de Marcel L’Herbier, puis en créant des décors spécifiques pour ce dernier film, avant de coréaliser avec l’Américain Dudley Murphy (et avec la collaboration technique de Man Ray) un court métrage expérimental, Ballet mécanique (1924), qui vise à célébrer le rythme rapide de la vie moderne à l’aide de procédés et d’angles de prises de vues inédits. 








Extraits de Art et Décoration (pages 109, 110, 111 et 136)





Signature de Marcel L'Herbier


Documents collection Jacques Desbarbieux



Le Vertige (1926)
Film de Marcel L'Herbier
Décors de Robert Mallet-Stevens






Photographie de plateau montrant une vue d'ensemble du boudoir, dans le film Le Vertige de Marcel L'Herbier. Les décors sont de Robert Mallet-Stevens. Au fond à gauche l'alcôve. Remarquez le travail sur l'éclairage avec le vitrail du à Louis Barillet, le lustre et les boîtes à lumière autour de la porte. La lampe, le canapé et la table sont de Pierre Chareau. Les coussins de Sonia Delaunay. Au-dessus de la porte un tableau de Robert Delaunay : La Tour Eiffel peint en 1910.









Jacques Catelain dans le Boudoir, un décor de Mallet-Stevens pour le film de Marcel L'Herbier Le Vertige en 1926. Au-dessus de la porte, un tableau de Robert Delaunay. Remarquez les boîtes à lumière, au fond, qui se retrouveront dans le hall vestibule de la Villa Cavrois quelques années plus tard. Photographie de plateau.




Documents collection Jacques Desbarbieux




Photographie de plateau lors du tournage du film " Le Vertige "


La ronde de nuit (1925)
Film de Marcel Silver
Décors de Robert Mallet-Stevens




Les trois mousquetaires (1920)
Film d'Henri Diamant-Berger
Décors Robert Mallet-Stevens



Le même réalisateur fera, en 1932, une version sonore de ce film muet. Mallet-Stevens n'a participé comme décorateur qu'à la première version en deux épisodes. Première partie : Deuxième partie : La mort de Milady. Les décors certes imposés par le thème, n'ont guère permis de liberté d'expression et de modernisme comme pour les deux films qu'il fera avec Marcel L'Herbier. D'autant qu'une grande partie des scènes ont été tournées en décor naturel dans les cités bretonnes de Locronan et au Croisic. On a toutefois retrouvé un décor de muraille, édité en carte postale (ci-dessous) par le Deley. Les autres photos sont des clichés Pathé Consortium Cinema.































Le Miracle des loups (1924)
Film de Raymond Bernard 
Décors de Robert Mallet-Stevens

Les nombreux décors réalisés aux studios de Joinville, dont la Cour de Louis XI, furent imaginés et réalisés sous la direction de Robert Mallet-Stevens. Les extérieurs furent tournés au col de Porte, au col du Galibier et à Carcassonne de novembre 1923 à mai 1924.





Le Joueur d'échecs (1926)
Film de Raymond Bernard
Décors de Robert Mallet-Stevens




Princesse Masha (1927)
Film de René Leprince
Décors de Robert Mallet-Stevens




La Sirène des Tropiques (1927)
Film de Mario Nalpas et Henri Etievant
Décors de Robert Mallet-Stevens, Eugène Carré et Pierre Schildknecht



Trois décorateurs ont participé à ce long métrage. Outre Eugène Carré et Pierre Schildknecht, Robert Mallet-Stevens interviendra pour plusieurs séquences du film tournées dans la rue Mallet-Stevens (ci-dessous).












Le Tournoi dans le Cité (1928)
Film de Jean Renoir
Décors de Robert Mallet-Stevens



e peintre Fernand Léger, lié à la mouvance cubiste, noue, après la guerre de 1914-1918, des liens étroits avec le cinéma. Fasciné par Charlot, attiré par les thèses de Ricciotto Canudo, qui considère le film comme une peinture en mouvement, et qui cherche à démontrer la capacité du cinéma à faire la synthèse de tous les arts, Léger est persuadé que le 7e art (terme inventé par Canudo) peut devenir un art social moderne. Il va donc s’y intéresser à différents niveaux. D’abord en composant les affiches des films La Roue (1922) d’Abel Gance, et de L’Inhumaine (1924) de Marcel L’Herbier, puis en créant des décors spécifiques pour ce dernier film, avant de coréaliser avec l’Américain Dudley Murphy (et avec la collaboration technique de Man Ray) un court métrage expérimental, Ballet mécanique (1924), qui vise à célébrer le rythme rapide de la vie moderne à l’aide de procédés et d’angles de prises de vues inédits. - See more at: http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=849#sthash.Hbm7e2RE.dpuf