Caserne de pompiers

Robert Mallet-Stevens construisit presque exclusivement pour des clients privés, son unique commande publique ayant été la réalisation d'une caserne de pompiers à Paris en 1936. 


Située au 8 rue Mesnil dans le XVIe arrondissement, elle porte en façade une sculpture des frères Martel.


D'architecture orthogonale, le bâtiment respecte la continuité de la rue jusqu'à la hauteur du toit de l'immeuble mitoyen, puis décroche en une tour plus haute munie de balcons découpés donnant à l'ensemble une fonction de signal de la puissance des services publics.






La cour intérieure

L’architecte va proposer une organisation rationnelle, bien que la parcelle soit tout en profondeur, composée de trois entités. En façade sur la rue, le rez-de-chaussée est dévolu au garage des véhicules  ; il comprend une cour et un gymnase à l’arrière. Au premier étage sur rue sont situés les bureaux des officiers, le poste téléphonique et le réfectoire tandis que les dortoirs occupent le deuxième étage. Troisième entité, les appartements des ménages de pompiers qui occupent les niveaux supérieurs d’un bâtiment en L, perpendiculaire à la rue (très bien visible). De ce fait, Mallet-Stevens a prévu de manière très fonctionnelle trois entrées sur la rue : à gauche celle des bureaux, au centre celle des voitures, à droite celle des logements.



Photo © Arts décoratifs / Don Mme Andrée Mallet-Stevens

Dynamique et élégant, le bâtiment présente sur la rue les signes les plus marquants des propositions fortes de Mallet-Stevens : une grande silhouette horizontale (grâce à la longue baie vitrée du premier étage), les fenêtres d’angle, l’interpénétration du bâtiments en L et son identification facile grâce aux balconnets en saillie, et enfin la présence sur le bâtiment en L d’un tour saillante abritant les escaliers de secours. 




La tour des ménages de la caserne des pompiers.

Précisons que l’architecte a prévu à l'intérieur des couleurs distinctes pour les trois entités : rouge pour la partie technique, gris et blanc pour la troupe, une couleur propre à chaque étage des logements. D'autres détails ont été étudiés dans un souci de confort : terrasse supérieure aménagée pour les enfants, nombreux revêtements de carreaux vernissés blancs pour l'hygiène. Il est à déplorer que le revêtement du béton en façade n’ait pas été restitué dans son état d'origine.



L'intérieur de la caserne des pompiers, cliché de Marc Vaux. La barre de descente des pompiers dite aussi perche de feu est encore présente sur ce document, avec son muret de protection et sa porte d'accès. Ces éléments ont été enlevés car inutilisés.


© Clichés de Guy Selosse et Paul Freiermuth, le 8 août 2018. 
Visite organisée par l'Association de Sauvegarde de la rue Mallet-Stevens


Le CSSP de la caserne Dauphine est occupée par la 5ème compagnie



La photo souvenir du groupe (© Paul Freiermuth – Association de sauvegarde de la rue Mallet Stevens)




Sur la façade de la caserne des pompiers Dauphine, le bas-relief réalisé par les frères Jan et Joël Martel. Le blason de la ville de Paris qui est représenté possède en soutien une branche de chêne à dextre (droite) et une branche de laurier à senestre (gauche). Les deux décorations sont la croix de la Légion d'Honneur à gauche et la croix de Guerre 14-18 à droite. De nos jours, figure sur le blason une troisième décoration qui est la croix de la Libération. Mais comme elle fut décernée après la seconde guerre mondiale, les Martel ne pouvaient pas la faire figurer en 1936.


 La signature J. J. Martel est visible sous le bas relief dans sa partie gauche, en dessous de la mention qui est la devise de Paris " Fluctuat nec mergitur ". Les médailles du corps des sapeurs pompiers encadrent le navire du blason de la ville.




La tour des ménages vue depuis la rue


La cour intérieure






La tour des ménages vue depuis la cour intérieure






Les balcons d'escalade pour l'entrainement


La partie basse du bâtiment a été peinte en blanc


Robert Mallet-Stevens a tiré avantage de la grande hauteur de la construction pour permettre le séchage des lances et tuyaux à incendie.




Au niveau du toit terrasse, le garde fou métallique est une réalisation de Jean Prouvé.


Vue du dernier étage sur les toits terrasses




Les initiales de Robert Mallet-Stevens figurent sur les poignées de porte




Les châssis métalliques sont de Jean Prouvé, les vitres sont pour certaines encore d'origine.




Le système original de blocage des fenêtres est encore en place



Des pavés de verre cylindrique, comme ceux visibles au niveau de l'auvent à l'entrée de la Villa Cavrois.



Des éléments de carrelage sont encore présents, ainsi que les rampes métalliques








La barre de descente des pompiers ou perche de feu n'est plus en usage comme dans toutes les casernes, suite aux nombreux accidents.